Croix de Campagnac Aveyron

Erigée en 1826 à Campagnac, à 20km de Lassouts, cette croix est, à ce jour, la plus ancienne IMG_3955création de l’atelier lyonnais. Elle vient d’être restaurée par l’association locale de sauvegarde du patrimoine. Cette croix présente plusieurs points intéressants : la plupart des symboles de la passion du Christ sont regroupés au verso de la croix pratiquement au centre et sont très peu visibles. On trouve les lettres A et M entrelacées aux extrémités comme à Laprugne ; Des grappes de raisin et des épis de blé décorent le montant comme à Remoulins ; le Christ janséniste est présent sur la face avant comme à Aigues-Mortes mais le point le plus intéressant est la présence du pélican (Jésus) nourrissant ses petits à la base de la croix.

La vierge en croix

Sur la commune de Lassouts, dans le hameau de Randières, se trouve une belle croix de chemin représentant la vierge. Ce type de croix est assez rare mais lors de nos visites à la recherche des croix de mission de l’atelier lyonnais nous avons trouvé, très loin de Lassouts, dans le cimetière de Barret de Lioure, près du Mont Ventoux, une croix strictement identique. Une nouvelle manifestation de l’existence d’ateliers spécialisés ayant une large zone de chalandise.

Barret de Lioure

Barret de Lioure

Randières, Lassouts

Randières, Lassouts

Les Missions après la Révolution

La Révolution française avait bouleversé la religion catholique : fracture entre les prêtres assermentés et les prêtres réfractaires, confiscation des biens de l’église. Le Concordat signé le 15 juillet 1801 entre Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et le pape Pie VII est la première étape du retour en grâce du catholicisme. En effet, contre la non remise en cause par le pape de la confiscation des biens de l’église, le Concordat reconnait que « la religion catholique apostolique et romaine est la religion de la grande majorité de Français ». et l’Etat assure la rémunération des prêtres et évêques.

Dès le début du XIX° siècle l’église catholique va donc reprendre en main la pratique religieuse partout en France. Des hommes d’église, prêtres, religieux, vont être formés à cet effet. Ils vont prêcher des « Missions » jusque dans les plus petits villages. Ces « Missions » consistent en des prônes, des offices, des processions, des confessions. Elles peuvent durer de quelques jours à plusieurs semaines. Elles se terminent très souvent par l’érection de Croix de Mission.

L’érection des Croix de Mission va contribuer au développement d’ateliers de fabrication maîtrisant bien les techniques de la ferronnerie, en plein essor au XIX° siècle. En effet les Croix de Mission du XIX° siècle sont pour l’essentiel en fer voire en fonte.